Vendredi 13 juin 2008
Rien d’uniformisé ,ce sera toujours pareil

La routine s’installe bien rodée, les anciens patients déposés par les familles pour partir en vacances tranquillement un jour et puis oubliés au retour de vacances  sont nombreux, il n’y a des admissions donc  quand certains disparaissent, sortis en maison de retraite ou décès, ou des plus jeunes sont réinsérés dans la société.
Routine qui est pesante, lourde de significations sociales, les patients sont là pour longtemps car on ne trouve pas de place pour les mettre ailleurs.
Alors que bien souvent ce n’est pas justifié qu’ils soient hospitalisés en psy, mais plutôt dans des structures de réinsertion pour certains, maisons de retraite pour d’autres, maisons d’accueil spécialisées pour encore
d’autres.
On en accompagne parfois dans les ateliers, ou, ils y vont seuls depuis longtemps, poterie, menuiserie, encadrement ,reliure, sandales, cuisine, mais on se fait une joie d’aller à leur rencontre sur place, et en compensation eux sont contents de montrer qu’ils sont capables de quelque chose.
Maigre constat du soin en psychiatrie, les autres hôpitaux où j’avais travaillé avait le même fonctionnement, mais c’était moins marquant, il nous semblait que nous faisons du soin aussi bien dans l’un que dans l’autre. Mais les innovateurs de la psychiatrie institutionnelle les « grands psychiatres de référence »de l’époque avaient pensé que les patients qui étaient hospitalisés, en travaillant devaient recevoir un salaire sous forme de pécule. Donc les ateliers avaient fleuris dans les hôpitaux psy de tous cotés, puis petit à petit ils ont disparu, ces mêmes psychiatres qui font et refont les méthodes de soins ont pensé que les patients étaient là pour se soigner, mais pas pour travailler, mais au contraire pour « s’occuper  »et donc sans être payé !
La subtilité du changement en soin est ainsi faite !
D’un côté on a pensé que le travail pouvait les préparer à une sortie afin qu’ils soient mieux réinsérés, puis en réfléchissant ils ne devaient pas travailler car ils étaient là pour être soigné et le travail pouvait être une thérapie, ce qui change tout !
La psychiatrie est ainsi faite et la crédibilité d’une prise en charge laisse planer un doute.La différence entre tous les hôpitaux ,et à l’intérieur de ceux cis est tellement vaste que le doute s’installe tout le temps quand on parle de soins, de prise en charge suivant les tendances de chaque médecin de sa formation,de son école .
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Lundi 9 juin 2008
Les habitudes sont bien ancrées.

L’avenir me confirmera que j’ai fait le bon choix, même si, pendant toute ma carrière, j’ai eu les syndicats en travers de ma route, j’ai pu y arriver, mais au prix de grandes difficultés, l’avenir le démontrera.
Revenons à nos patients, certains sont hospitalisés depuis des années, âgés et vraiment chroniques comme le démontrera le grand changement qui va suivre dans ce service.
En attendant n’oubliez pas d’aller à la messe dimanche matin surveiller les pratiquants, c’est le tour de notre service de faire la surveillance !
Bon au moins un droit du patient qui est respecté !
On rencontre l’infirmier général qui remarque que ce sont toujours les mêmes infirmiers qui assurent cette permanence, voire certains services n’y vont jamais.
Mais à l’heure de l’apéro, tout le monde y est par contre
Je ne bois pas de boissons anisées, et pas de café. De ce fait cela m’évite de me retrouver dans un état minable comme je constate que sont certains collègues et pas à cause du café !
On retrouve les origines du métier d’infirmier en psychiatrie qui au départ était le  « gardien de fous » décrit plus haut !
Malgré cela les patients sont quand même bien soignés, du plus vieux au plus jeunes. Il y a parfois des miracles, mais pour aller prendre en charge  des patients qui boivent, c’est une autre histoire, ce serait même presque le contraire à la limite.
J’ai connu des infirmiers des infirmières qui buvaient, mais aussi des médecins, c’est le pire !
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Vendredi 6 juin 2008

Va bien falloir faire quelque chose !

Ça y est, je m’occupe d’une association, j’en suis même le président !
Voilà dans ma nouvelle ville ,j’apprends rapidement à connaître les usages locaux, les habitudes, les gens, la mentalité locale, la culture  bref je m’immerge dans le tissu local.
On revient à l’hôpital ,et l’on trouve la même mentalité.
Mis à part que ceux qui sont là comme employés sont là de famille en famille, on s’arrange pour que les copains des copains soient embauchés, et parfois maris et femmes, enfants etc.…
Grande cousinade générale organisée !
C’est la bonne époque, il suffit de connaître un homme politique voir  le maire ,et hop c’est joué, on est rentré.
C’est quand même un grand changement par rapport aux autres hôpitaux, car c’est la première fois que je vois autant de gens employés par piston.
Et après il y a les syndicats, tiens, on y revient, il y avait longtemps.
Plusieurs tentatives sont faites pour que j’adhère, vu l’expérience que j’ai eu c’est vite réglée, allez vous faire voir !
Il y a longtemps que j’ai compris que ceux qui sont syndiqués passent avant les autres ,font ce qu’ils veulent, sont rarement à leur poste de travail,décrochent les postes clés,et aucun n’arrive pas son mérite ou sa qualité professionnelle. Ou alors certains mais c’est  si rare. En plus je ne suis pas d’ici, alors ou je bosse et j’y arrive seul, ou alors je suis pistonné pour évoluer.
Je choisis la première solution et sans regret .
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Mardi 3 juin 2008
On sent du changement !

Bon on pourrait emmener un patient à la mer il a des sous et des biens, il pourrait partir quelque jour avec un infirmier histoire de se socialiser par exemple qu’en pensez-vous chef ?
Soit demandez au médecin.
Les infirmiers ne sont pas payés pour aller se promener !
Il a dit quoi le con de directeur qu’il allait se barrer ce soi-disant toubib bientôt, il serait temps !
Bon on pourra aller manger en ville avec un patient une fois par semaine ,mais attention,prenez le car, faites la demande 15 jours à l’avance en trois exemplaires ,assurez vous qu’il reste du monde en service .
C’est notre boulot,et s’il estd’accord ,c’est qu’il sent qu’avec ce patient, il ne court aucun risque le médecin !
Enfin si on réitère une demande on pourra peut-être avoir une voiture de secteur, on fait des progrès, mais si elle est libre, car il y a un seul infirmier qui fait du secteur !
C’est-à-dire des visites à domicile sur tout l’hôpital !
Ce doit être encore celui qui est consacré le plus intelligent sans doute.
Je n’ai jamais compris comment on pouvait assurer une prise en charge d’un patient que l’on ne connaît pas, que l’on a jamais vu, dont on ignore son contexte d’hospitalisation, dans quelle conditions il sort,et l’on  va le suivre à domicile !
Ce doit être la prise en charge globale sans doute !
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Jeudi 29 mai 2008
Parlons occupations

L’été, on fait planter les radis aux patients, devant l’unité, les salades et comme cela nous avons des produits frais, tomates et autres ….
Les patients en profitent, mais on commence à voir se profiler les premières règle d’hygiène drastiques qui feront que cela  n’est pas bon, bonjour la première diététicienne !
Ne mangez plus des œufs de la ferme même chez vous, c’est pour cela que vous pouvez parfois avoir mal à l’estomac, on vous donnera des œufs liquides stérilisés et tout pas de problèmes !
On pourra faire des ateliers cuisine pour les patients, mais seulement avec les produits que l’on vous fournira !Les repas améliorés les, omelettes succulentes, terminées !
Fini les grands plats cuisinés qui arrivaient sur des chariots en plein air, adieu frites chaudes, bonjour les biftecks sous plastiques et au revoir la bonne bouffe. Le seul petit confort pour les patients supprimé !
Il était possible de pouvoir occuper les patients qui étés hospitalisés depuis de nombreuses années,qui n’avaient que peu d’issues pour quitter l’hôpital,d’accord la qualité commence à pointer son nez,mais en contre partie il pleut toujours dans l’unité car ce n’est jamais réparé pour les gouttières depuis de longs mois !
Le premier ingénieur qualité sera un poste creé tout nouveau,tout beau ,ce sera la qualité partout .
Et pour les soins ,la prise en charge,quelle qualité ?
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Vendredi 23 mai 2008
Ou comment  évoluer


Bon au moins le dimanche il y moins de cons qui bossent surtout l’après midi, le créneau est pris !
Je peux faire le cahier de rapport du soir ?
À non c’est le plus vieux qui le fait, et en cas, de toute façon je vais être proposé surveillant, alors c’est moi qui le fait !Merde je croyais qu’i y avait moins de con erreur !
Bingo on a trouvé le bon, il sera surveillant qu’il a dit, mais le seul hic c’est que tous les autres infirmiers sont passés surveillants sauf lui, c’était la brèle du service, le vrai quoi il n’y en avait qu’un comme celui-là on est tombé dessus !C’est toujours pareil, il en un qui y croit tout le temps, il fayote, et ses copains du syndicat ne disent rien, mais eux ils passent chef !
Bref sa plus grande activité de la journée c’est le cahier de rapport, moment important, juste soit avant soit après l’apéro, ce qui change tout !Le reste de la journée, jeux de cartes, et autres occupations depuis plus de vingt ans, il faut dire que le matin, on se fait la maison, construction, amélioration, et l’après midi, on va passer le temps à l’hôpital psy  comme infirmier !
Rien de tel  pour revaloriser une profession qui a besoin de reconnaissance, qui a eu ses heures de gloire avec ses célèbres aliénistes initiateurs de la psychiatrie institutionnelle, et ouvertures des hôpitaux psy sur le monde, l’extérieur, et la reconnaissance de son personnel spécialisé.
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Jeudi 22 mai 2008
 C’est figé !

C’est décidé, je ne veux plus rester là, dans ces conditions de travail, je démissionne !
Personne n’était au courant, le directeur me reçoit et refuse ma démission,, ne vous en faites pas, bientôt il va partir à la retraite, tenez encore un peu !
Retour dans l’unité, et toujours les mêmes questions le secteur ?
 C’est quoi cela ?
La prévention, le suivi à domicile, les dispensaires,
 C’est quoi cela ?
Autant de questions essentielles qui restent sans réponse par ignorance, je pense, les infirmiers et infirmières n’ont jamais pratiqué que de la présence  permanente auprès des patients, certains sont la depuis 25 ans dans cette immobilité persistante. De la présence pour quelques soins, une compagnie, une écoute, une relation, d’accord mais il n’y a pas que cela, un accompagnement plus précis peut être. De temps en temps une sortie de ces dames d’a coté, acheter des habits, une coiffure nouvelle, mais côté homme rien de rien.
Immobilité constante, rein à développer de nouveau, aucune formation à l’horizon, on dirait que tout est figé.
La relève :
Ça va,
Ouais ça va
Quoi de neuf
Bof rien de spécial
C’est calme alors
Oui, aller à demain !
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Lundi 12 mai 2008
De pire en pire


La vie continue ainsi et, au bout de deux mois, je suis reçu par le grand ponte chef en haut lieu et seul responsable, avant lui l’autre était médecin directeur !
On a fait du progrès, on a sucré une des deus fonctions, il serait temps d'évoluer !
Bonjour, Monsieur ,vous êtes dans mon service depuis deux mois, que faisiez-vous auparavant ?
Du secteur, de la prévention, du suivi, du travail en admission, du travail chez les chroniques, mais avec toutes les techniques modernes, élévateurs de lit pour emmener les patients à, la baignoire etc.
Bien ici je n’ai que cela à vous offrir, je n’y peux rien !
Bon au revoir et bon courage .
Et à la prochaine !
À la prochaine, je ne sais pas quand ce sera la prochaine  !
On le ne voit jamais cet oiseau, il, ne vient que rarement dans l’unité et juste pour serrer les mains à tout ce qui est en travers de sa route et il se casse !
On dirait un homme politique qui fait sa tournée, mais sans le discours qui suit !
Il sait tout soigner des pieds à la tête, enfin la tête comme on dit, elle à pas l’air d’aller bien !
On voit tous ces vieux toubibs de l’époque qui sont encore en fonction et les histoires qui vont avec,pour la prises en charge des patients, cela pourrait aller  pour certains, mais d’autres seraient eux à soigner !
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Dimanche 11 mai 2008
On est au boulot !


Occupations :cartes, belote ou tarot pour tous ! Si ce n’est pétanque pour certains.
Habitudes bien  rodées les journées défilent le temps passe aucun projet valable,et de toute façon aucun à proposer il serait récusé d’office !
Traitements  à préparer pour le soir, et vite on t’attend pour la belote !
Je rêve ou je suis ? je ne vais pas rester là longtemps, je n’aspire pas finir à passer mon temps à jouer aux cartes  quoique ce soit une bonne relation avec les patients, mais je dois avoir autre chose à faire certainement en faisant du soin relationnel !
Habitudes : le soir apéro après avoir couché les patients, et avant de manger. Tiens le mythe de l’infirmier piccolo revient sur le devant, ici ce sera le pompon !Rien que des hommes, les infirmières sont dans une autre unité, mais il semble que la coutume apéro soit moins importante.
Bar dans le bureau, tout est prévu et organisé.
Un coup c’est l’apéro, un coup un repas amélioré, un coup, on va manger à l’extérieur après le boulot. Après l’apéro c’est là que cela se gâte, certains bien échauffés ne peuvent résister a quelques provocations et assurent le spectacle pour les autres.
Mais  ce n’est quand même pas l’ambiance que j’ai déjà trouvé ailleurs


Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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Mercredi 7 mai 2008
Comment ça marche ici ?

Loin de là de venir jouer ces troubles fêtes de cette unité si calme, trop calme,ou l’on passe son temps à s’occuper des patients, c’est-à-dire à jouer aux cartes avec eux par exemple, ou sans eux par exemple aussi !
Le reste du temps, s’occuper des soins le matin quand il y en a, du repas des patients, de leurs donner les médicaments et basta comme ils disent ici.
Donc toujours pareil le travail d’abord, pour moi, le reste ensuite.
Lever le matin, douche pour tous, pansements,soins,  s’il y en a, quelques bilans, TA pour quelques uns  matin et soir, médicament, lits à faire, généralement, neuf heures du matin tout cela est terminé.
Ensuite petit-déjeuner pour nous, et surprise un patient a mis le couvert pour les infirmiers (je rappelle que le personnel est ici adapté à la catégorie de patient service homme, personnel homme).
Par thact - Publié dans : histoire de choix - Communauté : Histoires en psychiatrie
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